A ce point de l’histoire, je commençais sérieusement à me poser des questions sur ma santé mentale.
Une odeur de café et de viennoiserie chaude remonta à ma mémoire.
Le bruit gras d’un diesel qui redémarre, lâchant ses volutes bleutées dans l’air du petit matin.
Des jambes de femme en jupe et talons hauts qui claquent sur le bitume d’un pas pressé.
Le son scintillant de discussions nonchalantes sur la terrasse...
Hey, tu restes avec nous !
L’apostrophe me fit brutalement reprendre pieds sous la toise des volatiles agglutinés en grappes autour de moi. Des dizaines de billes noires et insondables me scrutaient jusqu’au fond du cerveau.
Le silence battait à mes tempes.
Ça sentait la plume chaude, la fiente et le patchouli.
Les drontes…
Les drontes
Repris le maître de cérémonie au paroxysme d’une déclamation illuminée.
Les drontes avaient poids et volume de doo-wadidi-dididum-didido-diiiindon ! Leurs ailes courtes et grêles étaient impropres au vol, leurs becs grossiers et courbes… Littérature d’émeu que tout cela !
Éructa-t-il.
Il est temps que quelqu’un révèle au monde la vérité des vérités. Que l’ordre des choses redevienne le désordre de toutes choses incarnées, de plume, de poil, de chitine, d’écorces et de peaux !
Et ?
Risquai-je.
Et...
Dit il calmement.
...ce quelqu’un, c’est toi.
(à suivre…)
(Musique : LAURIE ANDERSON - KOKOKU ).
mercredi 26 janvier 2011
mardi 25 janvier 2011
dénouement : troisième - des dodos et des hommes
A peu, on se serait cru en plein cour magistral à Oxford.
Dodo, Dinornis, piaf fendard, la plus belle chose de la création, voire Dronte !
Il promena un œil sévère, globuleux, le monocle haut comme pour juger de l'effet que ce dernier mot avait eu sur l'assistance. Il répéta avec emphase :
Drooôoonte !
Tous les emplumés mondains marquèrent une pause solennelle, puis l'orgie craquètante, caquetante et clabaudante explosa de plus belle.
Satisfait, il continua :
Ce nom masculin, dérivé d'un mot indigène des îles Maurice, désigne un genre d'oiseau coureur de la famille des raphidés et affidés dite dididés !
Cette famille, dont des représentants vivaient encore au dix-septième siècle sur les îles Mascareignes, est aujourd'hui éteinte.
Eteinte ? Foutrebranche ! Je t'en collerai moi des formes éteintes !
Profitant de sa distraction, un congénère en perruque blonde et courte veste à brandebourgs sauta sur mes genoux, tout tirant des trilles sauvage d'un kazoo en fer blanc, les yeux exorbités.
Pendant quelques secondes ce fut un déluge de coups de chapeaux, de plumes volantes et de trilles aux turluttes moqueuses, avant que -d’un impeccable Fosbury-Flop- l’énergumène ne happe mon merlan et ne détale en trombe.
Mon interlocuteur enchaina.
Selon l’encyclopède, l'espèce type du genre est le didus ineptus, vulgairement appelée dodo !
Découvert par des marins hollandais en quinze-cent-cinquante-huit, ce gros zoizeau, marrrrchant mal... (trois drontes passèrent d'un pas martial, avant de s'effondrer en tas informe) marchant mal, et incapable de voler, fut anéanti !
(Des gloussements moqueurs fusèrent dans l’assistance).
Je peinais à comprendre où cet oiseau dodu voulait en venir...
(à suivre sous peu…)
(Musique : The Rivingtons - Papa Oom Mow Mow ).
Dodo, Dinornis, piaf fendard, la plus belle chose de la création, voire Dronte !
Il promena un œil sévère, globuleux, le monocle haut comme pour juger de l'effet que ce dernier mot avait eu sur l'assistance. Il répéta avec emphase :
Drooôoonte !
Tous les emplumés mondains marquèrent une pause solennelle, puis l'orgie craquètante, caquetante et clabaudante explosa de plus belle.
Satisfait, il continua :
Ce nom masculin, dérivé d'un mot indigène des îles Maurice, désigne un genre d'oiseau coureur de la famille des raphidés et affidés dite dididés !
Cette famille, dont des représentants vivaient encore au dix-septième siècle sur les îles Mascareignes, est aujourd'hui éteinte.
Eteinte ? Foutrebranche ! Je t'en collerai moi des formes éteintes !
Profitant de sa distraction, un congénère en perruque blonde et courte veste à brandebourgs sauta sur mes genoux, tout tirant des trilles sauvage d'un kazoo en fer blanc, les yeux exorbités.
Pendant quelques secondes ce fut un déluge de coups de chapeaux, de plumes volantes et de trilles aux turluttes moqueuses, avant que -d’un impeccable Fosbury-Flop- l’énergumène ne happe mon merlan et ne détale en trombe.
Mon interlocuteur enchaina.
Selon l’encyclopède, l'espèce type du genre est le didus ineptus, vulgairement appelée dodo !
Découvert par des marins hollandais en quinze-cent-cinquante-huit, ce gros zoizeau, marrrrchant mal... (trois drontes passèrent d'un pas martial, avant de s'effondrer en tas informe) marchant mal, et incapable de voler, fut anéanti !
(Des gloussements moqueurs fusèrent dans l’assistance).
Je peinais à comprendre où cet oiseau dodu voulait en venir...
(à suivre sous peu…)
(Musique : The Rivingtons - Papa Oom Mow Mow ).
Inscription à :
Articles (Atom)