(il ne restait que l'obscurité infinie, concrète, palpable et la peur de s'arrêter de penser...).
...On a du mal à penser l’arrêt de sa pensée.
Elle est ce fil en apparence ininterrompu qui nous fait croire nos heures infinies. La mort est une chose impensable comme l’infini nous est inconcevable.
Elle, c’est par sa finitude qu’elle nous est impossible à intérioriser.
Ironie des choses qui nous placent le cul entre deux chaises : nous qui nous projetons plus qu’aucun autre être dans nos futurs et nos passés sommes incapables de nous conscientiser sans suite.
Est-ce parce que –même si nous sommes par instant capable de nous accepter finissants– nous sommes incapables de nous approprier la fin de toutes pensées, de nous mettre en l’état de nous comprendre de tout corps et âme morts, de percevoir cette représentation d’un soi sans soi : la clôture de notre être conscient ?
Nous sommes des êtres de l’après –toujours– et c’est par cet après que nous comprenons les creux de l’instant -nous ne percevons notre sommeil que parce qu’au matin nous nous réveillons.
Essayez d’imaginer ce gouffre de chaque soir où notre pensée consciente n’est plus, et essayez de l’imaginer sans la douceur du réveil. Projetez vous au sein du vous sans conscience. Ce moment de non-nous se révèle alors comme un gouffre effrayant.
Prendre ainsi conscience que chaque nuit nous répétons ce grands silence qui sera l’aboutissement de nos jours : un lever de rideau sans nous ?
La matière se prolonge bien dans les cycles de transformation ininterrompus -même la fission nucléaire n’est pas une destruction définitive de la matière mais juste un passage d’un état à un autre état. Mais l’esprit ?
Comme j’aimerais le croire -en ce moment- se transmutant de la même manière.
Mais alors que mon esprit hurle à le vouloir, ma raison me le refuse objectivement et me renvoie à cette fin sans proposer d'alternative que le néant.
(Au fond de cette filandreuse noirceur une lueur avait palpité...)
La vérité est dans la poussière sous tes reins, mais tu bouges tu vas en mettre partout ).
mardi 30 novembre 2010
vendredi 19 novembre 2010
Fragment d'écorce
(Retour à la pièce blanche).
Une grenade ? Je m’apprêtais à consommer une grenade ?
(Fruit d'alcôve ? pourquoi ces mots ?).
Je la détaillais longuement.
Son écorce était ferme au toucher.
Je la fis tourner lentement dans ma main, goûtant de sa surface la suave et caressante rugosité -pour la sentir pleine, réelle.
Mes doigts coururent par les creux et les bosses de sa peau.
Les saillies du fruit faisaient songer à des côtes sous une peau satinée et tendue.
Je savourais les jeux de la lumière sur ses reliefs, la délicate sophistication des couleurs : jaune orangé, rouge écarlate, rose bonbon tirant au fuschia tendrement iridescents ainsi que les joues d'une femme durant l'amour.
Je songeais à la curieuse opposition de la callosité et de la pulpe qui, sous l'enveloppe gravide, attendait qu'on la dévore ; cette écorce grêlée, cette queue tranchée comme un tronc de palmier, et ce volcan pileux aux lèvres racornies qui s’ouvrait en rosette sombre et farouche.
Que de heurts pour cette petite lune de saveur avant que d'atterrir dans ma main.
Le moment était venu.
J’ouvris mon couteau, éprouvais une dernière fois de la main la résistance du fruit. Comme à regret, je plaçai la lame entre deux côtes et appuyai.
La peau céda. Il y eut un bruit discret de déchirure alors que l'écorce se fendait et que la chair s'écartait sous la lame. Immédiatement, une odeur douce -mi-acide/mi métallique- me titilla les papilles, tandis que perlait son jus rouge-rosé.
L’incision hurlait d’une saveur battante.
J’achevais de trancher le fruit en deux moitiés égales dans des craquements de côtes, découvrant le cœur amarante constellé de liquides sucrés.
Il fallait maintenant dépecer méthodiquement les quartiers, les extirper un par un de leurs compartiments étanches, les libérer de l'écorce épaisse et de cette fine crépine parcourue de veinules amères.
Détacher du bout des dents un premier contingent de grains pulpeux.
Vague après vague, les petites vésicules allaient et venaient, éclataient en rafales sous la langue qui les roulait, les plaquait en grenaille de feu d'artifice.
(goût du sang/tout devenais si sombre...).
Une grenade ? Je m’apprêtais à consommer une grenade ?
(Fruit d'alcôve ? pourquoi ces mots ?).
Je la détaillais longuement.
Son écorce était ferme au toucher.
Je la fis tourner lentement dans ma main, goûtant de sa surface la suave et caressante rugosité -pour la sentir pleine, réelle.
Mes doigts coururent par les creux et les bosses de sa peau.
Les saillies du fruit faisaient songer à des côtes sous une peau satinée et tendue.
Je savourais les jeux de la lumière sur ses reliefs, la délicate sophistication des couleurs : jaune orangé, rouge écarlate, rose bonbon tirant au fuschia tendrement iridescents ainsi que les joues d'une femme durant l'amour.
Je songeais à la curieuse opposition de la callosité et de la pulpe qui, sous l'enveloppe gravide, attendait qu'on la dévore ; cette écorce grêlée, cette queue tranchée comme un tronc de palmier, et ce volcan pileux aux lèvres racornies qui s’ouvrait en rosette sombre et farouche.
Que de heurts pour cette petite lune de saveur avant que d'atterrir dans ma main.
Le moment était venu.
J’ouvris mon couteau, éprouvais une dernière fois de la main la résistance du fruit. Comme à regret, je plaçai la lame entre deux côtes et appuyai.
La peau céda. Il y eut un bruit discret de déchirure alors que l'écorce se fendait et que la chair s'écartait sous la lame. Immédiatement, une odeur douce -mi-acide/mi métallique- me titilla les papilles, tandis que perlait son jus rouge-rosé.
L’incision hurlait d’une saveur battante.
J’achevais de trancher le fruit en deux moitiés égales dans des craquements de côtes, découvrant le cœur amarante constellé de liquides sucrés.
Il fallait maintenant dépecer méthodiquement les quartiers, les extirper un par un de leurs compartiments étanches, les libérer de l'écorce épaisse et de cette fine crépine parcourue de veinules amères.
Détacher du bout des dents un premier contingent de grains pulpeux.
Vague après vague, les petites vésicules allaient et venaient, éclataient en rafales sous la langue qui les roulait, les plaquait en grenaille de feu d'artifice.
(goût du sang/tout devenais si sombre...).
dimanche 14 novembre 2010
Fragments d'étincelles
Il y eut un son.
La réalité reprenait corps peu à peu.
Corps...
Sons et images composaient une mélodie qui se voulait rester incompréhensible.
Comment ramener ces images au réel sans les perdre ?
Des millions de confettis blancs et noirs en bataille.
Un appel ?
Comme un électrochoc les images se ruèrent derrière les paroles à emplir tout l'espace.
Non, ce n'étais pas encore la réalité.
Mais ma mémoire avait pris pieds en terrain connu.
I slipped in the stream and thence was my body : bodies...
La réalité reprenait corps peu à peu.
Corps...
Sons et images composaient une mélodie qui se voulait rester incompréhensible.
Comment ramener ces images au réel sans les perdre ?
Des millions de confettis blancs et noirs en bataille.
Un appel ?
"It was September harmful logic
It was September/this is attack music."
It was September/this is attack music."
Comme un électrochoc les images se ruèrent derrière les paroles à emplir tout l'espace.
Non, ce n'étais pas encore la réalité.
Mais ma mémoire avait pris pieds en terrain connu.
I slipped in the stream and thence was my body : bodies...
vendredi 12 novembre 2010
Fragment pyjama ?
La lumière est un voile blanc.
Gwoka craché par des sonos à bout de souffle.
Odeurs en vague puissantes : de sel, bois musqué, cannelle, chocolat bouillant, de croissants chaud-défournés.
Ça rit beaucoup, parle fort, rit encore.
"Ça ka alé ? Ou dous Kon Lapin ka mangé légim la !"
(Je connais cet endroit mais quel en est le sens? )
(Balancement binaural : Marie Jo Alié & Malavoi "Caresse Mwen" ).
Gwoka craché par des sonos à bout de souffle.
Odeurs en vague puissantes : de sel, bois musqué, cannelle, chocolat bouillant, de croissants chaud-défournés.
Ça rit beaucoup, parle fort, rit encore.
"Ça ka alé ? Ou dous Kon Lapin ka mangé légim la !"
(Je connais cet endroit mais quel en est le sens? )
(Balancement binaural : Marie Jo Alié & Malavoi "Caresse Mwen" ).
jeudi 11 novembre 2010
Un autre fragment ?
(Qui a mis le couvert ?)
Des murs blancs crayeux, vierges de porte, de fenêtre, ajourés d’ouvertures nues
De tout côtés une plaine d'herbes aux reflets métalliques qui se perd à l'horizon sous un ciel bleu océan
Table blanche laquée peinte et re-repeinte
Napperon de dentelles vermillon
Plat blanc où palpite un fruit sombre
(Quel est ce temps ?).
(images troubles comme une eau turbide/fondu au gris)
(Fond sonore : Léo Ferré/Arthur Rimbaud "Une Saison en Enfer"/ "Délires II").
Des murs blancs crayeux, vierges de porte, de fenêtre, ajourés d’ouvertures nues
De tout côtés une plaine d'herbes aux reflets métalliques qui se perd à l'horizon sous un ciel bleu océan
Table blanche laquée peinte et re-repeinte
Napperon de dentelles vermillon
Plat blanc où palpite un fruit sombre
(Quel est ce temps ?).
(images troubles comme une eau turbide/fondu au gris)
(Fond sonore : Léo Ferré/Arthur Rimbaud "Une Saison en Enfer"/ "Délires II").
Un fragment ?
(Conscience brève et tangible)
Morceaux de vie en vrac dans un carton sale (Où suis-je ?)
Ombres d’un grenier
Des bouts d’enfance autrefois si précieux, violés de négligence (Pourquoi en cet instant)
Noyés en brisures sous la poussière brune (Qu'est devenue la lumière ?)
Tessons de rires brisés qui peinent à se répondre (Ce que je fus ?)
(Chavire dans les turbulences obscures)
...
(Musique : White Rabbit - Jefferson Airplane) (Je te fauche l'idée Mlle Catherine ;) ).
Morceaux de vie en vrac dans un carton sale (Où suis-je ?)
Ombres d’un grenier
Des bouts d’enfance autrefois si précieux, violés de négligence (Pourquoi en cet instant)
Noyés en brisures sous la poussière brune (Qu'est devenue la lumière ?)
Tessons de rires brisés qui peinent à se répondre (Ce que je fus ?)
(Chavire dans les turbulences obscures)
...
(Musique : White Rabbit - Jefferson Airplane) (Je te fauche l'idée Mlle Catherine ;) ).
vendredi 5 novembre 2010
Tadada !
Ça y était, le blog comptait enfin tous les éléments indispensables.
Bien des questions se posaient encore.
- Allait-il continuer à être à la foi sujet et objet ?
- Allait-il revêtir une robe chatoyante ?
- Pourquoi les dinosaures n'aimaient-ils pas les Quarter Pounders With Cheese ?
- Pourquoi 42 ?
- Porque Te Vas ? (Ne pleure pas Jeannette, tra, lalalalala la lalala la la).
- Pourquoi le Time Warp n'est-il pas un Madison ?
- Toutes ces questions allaient-elles rester sans réponse ?
Alors que dans un nimbe de lumière je redescendais triomphant et glorieux le Mont "Boulangerha-dela-Viale", à la main -chaud et doré- le croissant-de-toutes-les-réponses-à-toutes-choses-existantes (garanti pur beurre), je fus frappé par la révélation viennoise.
Pas n'importe quelle révélation bas de gamme, du style "quelle est le sens de la vie" ou "la vérité sur l'affaire JFK" mais LA révélation.
Tremblant de stupeur devant l'importance de la chose, je m'affalais, ahuri, sur la première chaise venue.
Je commandais un café double avec un verre d'eau plate.
Contemplais le vent qui balayait en tourmentes les feuilles bigarrées,
la danse hypnotique des feux rouges/verts/jaunes,
les enfants emmitouflés sur le chemin des écoles,
- odeurs de linge fraîchement repassé et de gels douches aux fruits.
Machinalement, je trempait le croissant dans le café.
(trou noir).
Bien des questions se posaient encore.
- Allait-il continuer à être à la foi sujet et objet ?
- Allait-il revêtir une robe chatoyante ?
- Pourquoi les dinosaures n'aimaient-ils pas les Quarter Pounders With Cheese ?
- Pourquoi 42 ?
- Porque Te Vas ? (Ne pleure pas Jeannette, tra, lalalalala la lalala la la).
- Pourquoi le Time Warp n'est-il pas un Madison ?
- Toutes ces questions allaient-elles rester sans réponse ?
Alors que dans un nimbe de lumière je redescendais triomphant et glorieux le Mont "Boulangerha-dela-Viale", à la main -chaud et doré- le croissant-de-toutes-les-réponses-à-toutes-choses-existantes (garanti pur beurre), je fus frappé par la révélation viennoise.
Pas n'importe quelle révélation bas de gamme, du style "quelle est le sens de la vie" ou "la vérité sur l'affaire JFK" mais LA révélation.
Tremblant de stupeur devant l'importance de la chose, je m'affalais, ahuri, sur la première chaise venue.
Je commandais un café double avec un verre d'eau plate.
Contemplais le vent qui balayait en tourmentes les feuilles bigarrées,
la danse hypnotique des feux rouges/verts/jaunes,
les enfants emmitouflés sur le chemin des écoles,
- odeurs de linge fraîchement repassé et de gels douches aux fruits.
Machinalement, je trempait le croissant dans le café.
(trou noir).
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