Plus une évidence nous est éclatante, plus de nous exploser
au nez, le risque en est patent –de rire de préférence– mais verrez en son temps, qu’à la
sotte certitude succède l’égarement.
L’histoire ici bas en est l’illustration.
D’un volatile curieux, je gâtais le penchant
En papouilles familières et en câlineries.
Si certains icelieu trouvaient le geste touchant,
De grotesque ou d’obscène d’autres de le honnir,
Qui de ces animaux au corps bedonnant
Ne voyaient autre chose que l’absurde folie,
Imaginant la scène : ne pouvant qu’en frémir.
J’en étais donc perplexe, à chercher quelle source
Abondait les émeus en ces règles que, serviles,
Ils allaient, tel troupeau aveuglé en sa course,
Suivre, et avec eux, de tous lier à leurs crimes.
Posant en prophéties leurs pompeux babils,
Ainsi que ces banquiers enivrés de la bourse
Dont le seul horizon est celui de l’abîme.
"Mais alors" –demandais-je– "de qui
viennent les règles ?"
Cet œil redouté, goguenard et cruel,
Au tréfonds de mon âme scruta et retourna.
Et hors qu’à son silence j’eus préféré le glas,
Resta sans me répondre.
C’est un temps infini que celui du silence,
Un temps à craqueler le fil de la conscience,
Fort comme l'eau de vie et le fromage rance
Face au dodo dont l’œil darde d'outrecuidance.
"Alors tu vas la pondre?"
"Pondre quoi ?" –m’exclamais-je– tout comme hébété.
A ces mots le dodo se remet à caqueter.
Celui-ci de me dire qu’il me trouve touchant
A poser ces questions, voire : attendrissant,
Car la question même était dans la réponse,
Inscrite plus sûrement que dans de la pierre ponce.
Dit-il, une fois de plus rigolard volatile...
Je tiens à ce moment de préciser encore,
Qu’aux pierres et aux cailloux, je ne veux nulle tord,
Et que si à l’image c’est de tuf ou de ponce,
Ce n’est là qu’une image, et rien que je dénonce.
Et s’il se fut trouvé éponge présentement
Propre à porter ces mots sans faillir d’une once.
Que je me fus confié à elle modestement.
(à suivre…ici même).