Parce que tôt ou tard, dans un texte ou une discussion, il est d’usage de poser des parenthèses pour enrichir ou enluminer le propos comme on ferait de guirlandes clinquantes un arbre de noël en élastomère made-in-USSR, orné sur son étoile -rouge et or- de l'effigie de Valentina Terechkova, et d’attendrissants petits spoutniks sonores et clignotants en guise de bouboules. (C'est à ce moment qu'on chante "plaine oh ma plaine" en s’accompagnant à la balalaïka et en s'envoyant de généreuses rasades de Moskovskaya givrée).
Parce qu’il est parfois utile de descendre de son crâne et de marcher tranquillement à côté de son cerveau en le regardant pédaler son petit bonhomme de chemin –petit bonhomme qui a bien du mal à le suivre ce chemin, à force de circonvolutions de contours et de détours qui l’ont mené bien loin de son point de départ, sans aucune certitude quant au point d’arrivé. (Enfin, c’est ce qu’il semble à ce point de la narration – mais il est important pour le narrateur de faire croire à son auditoire qu’il partage son incertitude, afin d’établir cette communion aussi indispensable que Jacob l'est à Delafon).
N’ayons pas peur de le dire : le petit bonhomme de la pensée pédale dans la matière grise comme dans de la semoule à polenta (ou dans la teurgoule, à peu que vous préfériez le sucré au salé et le riz à la semoule. Vous voyez, je suis plutôt arrangeant et, si vous le demandez, je peux même vous ajouter de petits éventails colorés par dessus tout ça).
Donc, tandis que je vous prends, cuillère à la main, dansant le limbo-teurgoule sous les regards exorbités de vos collègues de bureau, agitant en éventails des liasses d’emprunts russes pour ne pas être en reste –des fois que ce soit encore un coup de ce vachard de DRH– me voici à poser ceci dans de fort seyantes parenthèses, soigneusement choisies par mes soins dans le meilleur magasin de parenthèses de la place :
Il était une fois des règles.
C’était évident. On ne peut transgresser ou suivre que s’il existe quelque chose à transgresser ou à suivre.
C’était d’une telle et éclatante évidente évidence que j’étais passé complètement à côté.
Mais, subséquemment, s’il y avait des règles il fallait qu’elles aient été édictées.
Alors...
(Passé cette parenthèse, le fil de la réflexion est interrompu. Prière de descendre de son petit vélo, sous peine de tomber dans le vide du bas de page).
(Sans rapport, sinon les plumes : Zozios tordus - Nonosse ).
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jeudi 6 septembre 2012
lundi 10 octobre 2011
De choses et d'autres
A ce stade, il m’est nécessaire de faire le point sur certains éléments qui peuvent paraître obscurs pour nous autres béotiens de l’ordre universel des choses, mais sont d’une clarté de nacre pour le moindre oisillon encor'becquetant.
A cette fin, je vais remonter quelques minutes en arrière.
[...]quelques minutes plus tôt[...]
Dans un grand battement de plumes tièdes, mon interlocuteur s’exclama : Mais bien sûr que cela est mal ! Si le monde n’était qu’émeu il ne serait plus que de pierre !
On peut comprendre ma perplexité à cette saillie.
Je peux conjecturer sans trop me tromper, que vous autres restâtes interloqués, l’esprit confus, perdu dans les affres de la consternation sémiologique.
Je me devais de faire cet aparté : je vous le devais –à vous– fidèles comme l’omnibus l’est au chronomètre, la Vénus à Milou et le quetzal à l’infusion de Peyotl brûlante avec du miel et des crackers.
Alors, cessons donc de tourner autour du sujet comme des pintades affolées et affrontons cette difficile question : qu’est-ce qu’une pierre ?
La pierre est un objet de matières, tailles et couleurs variables, dont la principale constante est de faire mal quand on la reçoit en pleine face ou qu’elle se glisse sous vôtre sac de couchage, juste là, au milieu du dos.
Même la plus petite –en apparence insignifiante et inoffensive– peut, en moins de temps qu’il le faut pour dire «ouille!» se changer en un redoutable bourreau pour peu qu’elle vienne se loger dans l'innocence humide de votre pupille, ou qu'elle s’invite subrepticement avec quelques amies dans un préservatif, un soir sur une plage chaude sentant bon le tiaré et la goyave.
Il est évident que sous son air de ne pas y toucher, la pierre est un être potentiellement nuisible, aux qualités sociales largement surévaluées.
La pierre a su conquérir l’homme par sa docilité à rester carrée une fois taillée. Il faut dire que le carré sied à la pierre : c’est presque sa seconde nature.
C’est ainsi que la pierre et le carré partagent un même ensemble de vertus symboliques, parmi celles-ci : la constance, la fiabilité, l’immuabilité, le Code Napoléon et le livret A.
Cela n’est que la pointe de l’iceberg (si tant est que l’on puisse parler d’iceberg, car comme vous l’avez sûrement expérimenté par vous-même, un iceberg même en granit tout léger, coule. Preuve –s’il en fallait une– que la pierre est infiniment inférieure à l’œuf au plat pour ce qui est de sa capacité d’adaptation aux milieux aqueux).
La pierre est naturellement douée pour foirer tous les bons plans.
Pour preuve, le grand charcutier lui-même ne dit-il pas à un de ses apôtres : Pierre tu es pierre, et sur cette pierre je bâtirai un Novotel avec bar piscine discothèque et jacuzzis parfumés à la rose de Damas, et tous les vendredi soirs les tapas seront gratos pourvu qu’on se pointe muni d’un sombrero et d’un orchestre de mariachi en strings.
Pierre était un peu sourdingue et timide.
Disons le franchement : il était carrément bouché à l'émeri.
Pierre nota à la va vite les bribes de ce qu’il avait saisi.
On sait où ça nous mena.
Alors que j’aurais tant aimé des calamars épicés à l’encre et un grand verre de… ...
Mais je m’égare.
Ce qui compte c'est que j’avais toutes les raisons d’avoir des prévenances contre les pierres, et qu'à ce mot, je me mis à boire les paroles de mon duveteux orateur avec la plus grande attention.
(Musique : Fujiya & Miyagi - De la vanille des fraises et une culotte de bière bien glacée SVP ).
A cette fin, je vais remonter quelques minutes en arrière.
[...]quelques minutes plus tôt[...]
Dans un grand battement de plumes tièdes, mon interlocuteur s’exclama : Mais bien sûr que cela est mal ! Si le monde n’était qu’émeu il ne serait plus que de pierre !
On peut comprendre ma perplexité à cette saillie.
Je peux conjecturer sans trop me tromper, que vous autres restâtes interloqués, l’esprit confus, perdu dans les affres de la consternation sémiologique.
Je me devais de faire cet aparté : je vous le devais –à vous– fidèles comme l’omnibus l’est au chronomètre, la Vénus à Milou et le quetzal à l’infusion de Peyotl brûlante avec du miel et des crackers.
Alors, cessons donc de tourner autour du sujet comme des pintades affolées et affrontons cette difficile question : qu’est-ce qu’une pierre ?
La pierre est un objet de matières, tailles et couleurs variables, dont la principale constante est de faire mal quand on la reçoit en pleine face ou qu’elle se glisse sous vôtre sac de couchage, juste là, au milieu du dos.
Même la plus petite –en apparence insignifiante et inoffensive– peut, en moins de temps qu’il le faut pour dire «ouille!» se changer en un redoutable bourreau pour peu qu’elle vienne se loger dans l'innocence humide de votre pupille, ou qu'elle s’invite subrepticement avec quelques amies dans un préservatif, un soir sur une plage chaude sentant bon le tiaré et la goyave.
Il est évident que sous son air de ne pas y toucher, la pierre est un être potentiellement nuisible, aux qualités sociales largement surévaluées.
La pierre a su conquérir l’homme par sa docilité à rester carrée une fois taillée. Il faut dire que le carré sied à la pierre : c’est presque sa seconde nature.
C’est ainsi que la pierre et le carré partagent un même ensemble de vertus symboliques, parmi celles-ci : la constance, la fiabilité, l’immuabilité, le Code Napoléon et le livret A.
Cela n’est que la pointe de l’iceberg (si tant est que l’on puisse parler d’iceberg, car comme vous l’avez sûrement expérimenté par vous-même, un iceberg même en granit tout léger, coule. Preuve –s’il en fallait une– que la pierre est infiniment inférieure à l’œuf au plat pour ce qui est de sa capacité d’adaptation aux milieux aqueux).
La pierre est naturellement douée pour foirer tous les bons plans.
Pour preuve, le grand charcutier lui-même ne dit-il pas à un de ses apôtres : Pierre tu es pierre, et sur cette pierre je bâtirai un Novotel avec bar piscine discothèque et jacuzzis parfumés à la rose de Damas, et tous les vendredi soirs les tapas seront gratos pourvu qu’on se pointe muni d’un sombrero et d’un orchestre de mariachi en strings.
Pierre était un peu sourdingue et timide.
Disons le franchement : il était carrément bouché à l'émeri.
Pierre nota à la va vite les bribes de ce qu’il avait saisi.
On sait où ça nous mena.
Alors que j’aurais tant aimé des calamars épicés à l’encre et un grand verre de… ...
Mais je m’égare.
Ce qui compte c'est que j’avais toutes les raisons d’avoir des prévenances contre les pierres, et qu'à ce mot, je me mis à boire les paroles de mon duveteux orateur avec la plus grande attention.
(Musique : Fujiya & Miyagi - De la vanille des fraises et une culotte de bière bien glacée SVP ).
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