(Une lumière ?)
Un seul point de lumière dans l’obscurité suffit à peupler notre conscience.
Des masses énormes me frôlaient sans que je les distingue, les éons se déchiraient sous mes sens comme si toutes ces mémoires passées, présentes et futures n'étaient que fétus.
Le réel ne semblait avoir d’intensité mesurable dans le monde de la raison.
Une résille bleu pâle colonisait le fond du ciel, m’aspirait.
Cet abîme palpitant était un œil aux dimensions incommensurables : un œil bleu métallique dont les frange se perdaient dans le néant.
Il y eu ce son grêle tandis que ma conscience basculait dans sa pupille.
Eeeeeme ?
Retour dans la pièce éblouissante.
Le ciel au dehors est d’un résiné sombre. Au zénith palpite un œil rose au cœur noir. Y a-t-il jamais eu un plafond et des murs ici ?
Dans une prairie de neige, d'étranges herbes albinos aux panaches blancs se balancent en rythme. Une pulsation fibrilleuse agite leurs longues tiges creuses gorgées de sève : rouge/rose, rouge/rose…
Je m'enlise à chaque pas dans une fange indescriptible. Les herbes sous mes mains se brisent et souillent leur panaches d’un carminé obscène qui empoisse l'air de son odeur saline.
Battu par des vagues de poix où surnagent les panaches brisés, je contemple l'orbite éteinte du soleil dans un ciel de braise.
Eeeeeme ?
(Bruits de pattes de poulet ?)
Dans l’immensité la pupille s’étrécit à en broyer l'espace temps.
Je vis au milieu d’un désert éblouissant une nef de pierre intemporelle.
Une marée de plumes grises déferlant dans un cancan démoniaque à perte d’horizon.
Martèlement sauvage des pattes de poulet.
Odieuse amphigouri de becs et de plumes mêlés en orgie caquetante.
Le soleil est anthropophage.
Calme obscurité.
Battement d'une paupière aussi grande qu'une galaxie sur un œil abscons.
Eeeeme ?
(…)
(Parce que l'on n'est jamais à l'abri d'un bon vieil Instamatic musical : Crues Roses - La haie Cause ? (meuh nan c'est le vent !) ).
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